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La respiration en sophrologie

La respiration en sophrologie comme mode de transformation

La respiration est un phénomène extraordinaire, ce dernier commence le jour de notre naissance par l’inspir, conduit notre créneau existentiel et se termine lors de notre mort par le dernier souffle. La respiration est notre fil de vie. La respiration met en relation le monde interne et le monde externe. Elle s’inscrit dans un cycle permanent qui lui-même fonctionne à l’unisson des autres cycles universels. Elle est énergétique parce que bipolaire ; dans le fonctionnement hypothalamique, l’inspir dépend de la zone ergotrope et l’expir de la zone trophotrope. Ainsi, les incitations, les informations et les émotions via l’hypothalamus vont modifier de façon significative notre mode de respiration de façon inconsciente. Très souvent, pour des raisons que nous ignorons, nous n’arrivons pas à aller au bout de notre expiration et nous n’obtenons pas la sensation salvatrice du lâcher prise tant attendue . Notre espoir de bien-être est alors frustré au point de déclencher des réactions d’angoisse renforcées ou d’irritation.

Que se passe-t-il ? Quelle est la défaillance ? Chacun doit essayer de répondre personnellement à ces questions et s’interroger sur son histoire, ses conditions et son hygiène de vie. Néanmoins, de façon générale il est possible de poser l’hypothèse suivante : Expirer totalement c’est comme si nous rendions notre dernier souffle ; par conséquent accepter d’exhaler, de lâcher prise totalement, c’est mourir, accepter l’inacceptable, tout du moins c’est, dans notre inconscient, mourir quelque part. Cette peur de mourir peut nous bloquer et créer des difficultés à laisser filer le souffle totalement. Or, si l’on n’y prend garde (hormis les états de conscience modifiés), on ne lâche jamais complètement prise et nous ne pouvons pas être de fait, complètement détendus. Si nous prenons conscience (cela suppose que nous soyons présents : vivance première) que notre dernière expiration n’est pas le dernier souffle, nous avons quelques chances de nous détendre suffisamment pour laisser aller l’expir jusqu’à son extrême limite. Ce qui est remarquable, c’est que la respiration, phénomène cyclique, est somme toute un système nous permettant une réelle transformation. En effet, si j’accepte de bien lâcher prise à chaque fois en fin d’expir, c’est comme si j’acceptais que tout s’arrête un instant, c’est un peu comme si « je mourais quelque chose ». Je ne dis pas que je meurs, mais que « je meurs quelque chose ». D’ailleurs, sur le plan biologique c’est ce qui se passe, à chaque instant des cellules meurent pour laisser la place à d’autres nouvellement formées. Ce processus se déroule de façon constante, c’est ainsi que le corps en quelques années s’est quasiment renouvelé dans sa totalité. Or, dans l’acceptation d’une vision holistique il est facile de concevoir que le « psychologique » suit le même phénomène de transformation.

La sophrologie qui utilise la maîtrise de la respiration est aujourd’hui reconnue par l’université comme science favorable à l’état de santé psychique. Il n’est pas inopportun de penser que la respiration et par conséquent la sophrologie pourraient participer à la résilience. Les renouvellements et les transformations sont le résultat de la mise en œuvre de forces innées propres à l’individu, ces forces relèvent de l’énergie fondamentale, celle reçu en héritage. Mais ces forces peuvent être aussi activées et entretenues notamment par un entraînement de respiration conduite. La combinaison de deux éléments donne ce que nous appelons l’énergie vitale. C’est également sur cette combinaison que se développe « la dynamicité de la conscience ». Lors de pratique d’exercices de respiration chacun a la possibilité d’expérimenter ces phénomènes, c’est un des objectifs de la sophrologie. L’alternance inspir-expir peut être considéré comme une suite de petites fins et de petits renouveaux qui permettent de renaître et de repartir avec des processus de fonctionnement différents y compris les processus mentaux, les attitudes et comportements. Dès lors, quand j’abandonne mes tensions, je modifie mes structures et je suis capable d’aborder les situations avec un œil nouveau, saisir des dimensions qui jusque-là m’étaient masquées et capter des informations qui ne m’étaient pas accessibles.

Exercice :

Mettez votre esprit le plus possible au repos, maintenant essayez mentalement de vous déprogrammer pour éliminer l’illusion inconsciente que la fin de l’expir constitue un danger. Puis à partir d’une respiration abdominale contrôlée prendre conscience qu’à la fin de l’expir, il n’y a pas un besoin immédiat d’inspirer, les centres nerveux de commande de la respiration sont toujours en alerte et il est possible d’attendre dans le calme l’apparition de la manifestation des besoins naturels pour inspirer à nouveau. Après un certain nombre de cycles de respiration peut-être verrez-vous apparaître une certaine détente suivie d’une forme de détachement qui nous offre la possibilité de dépasser l’angoisse primaire liée à la peur inconsciente de la mort. Ainsi, la prise de conscience de notre respiration souligne notre existence au présent.

Laissez alors la respiration se ralentir naturellement.